
Comment aider les jeunes adultes ?
Des expert-e-s de différents domaines tirent la sonnette d'alarme : un nombre croissant de jeunes adultes souffrent de troubles psychiques. Ils peinent à entrer dans la vie active et tendent à s'isoler. Depuis 2025, la forte hausse du nombre de nouvelles rentes AI chez les 18-24 ans, due à des maladies psychiques, constitue un signal d'alerte évident.
Dans son dernier rapport, l'Observatoire suisse de la santé consacre un chapitre entier à ce sujet et constate : « Si l’on dispose certes d’indices sur les causes possibles de ce haut niveau de détresse psychologique, on n’en saisit pas encore suffisamment la complexité. Plus d’un tiers des futurs adultes étant en proie à une détresse psychologique, il ne suffit pas de développer les soins de santé, mais il faut aborder le problème selon une perspective globale, en invitant tous les acteurs de la société à agir de manière préventive. La détérioration de la santé mentale des enfants, des adolescents et des jeunes adultes s’observe également au niveau international. En plus des initiatives nationales, il est donc judicieux de collaborer étroitement au niveau international et de mettre en œuvre des programmes internationaux qui ont fait leurs preuves ».
L'aide sociale fait partie des acteurs concernés. Nombre de nos membres accompagnent des jeunes qui osent à peine sortir de chez eux, rencontrent de grandes difficultés à participer à des programmes d'intégration professionnelle et sociale, tout en étant déjà inscrits à l'AI.
Dans le cadre de la révision prévue de l'AI, le Conseil fédéral souhaite étudier la mise en place d’une prestation d'intégration spécifiquement destinée aux jeunes, visant à éviter l'octroi trop rapide d’une rente grâce à un accompagnement individuel renforcé. La CSIAS estime que cette initiative mérite d'être examinée, à condition qu'elle contribue effectivement à améliorer le soutien des jeunes et ne se traduise pas par un simple transfert vers l'aide sociale.
Parallèlement, la CSIAS juge essentiel de poursuivre les recherches afin de mieux comprendre les causes de la détérioration de la santé mentale. En collaboration avec le Professeur Niklas Baer et sa société Workmed AG, elle prévoit de mener une étude pouvant apporter un éclairage supplémentaire sur ce phénomène.
Enfin, il convient de rappeler le principe : mieux vaut prévenir que guérir. Si nous parvenons, en tant que société, à améliorer les conditions dans lesquelles grandit la prochaine génération, nous agissons directement à la source du problème. L’aide sociale peut y contribuer en renforçant son soutien aux enfants et aux familles. Tous les autres acteurs des secteurs de l’éducation, du travail social, de la santé et de l’économie sont également invités à participer à la création de conditions de vie saines et épanouissantes pour nos jeunes.